Ask Boichi sur la Nourriture 3 – Références et Photos

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Références et Photos

Boichi-sensei, prévois-tu en avance quelles nourritures paraîtront dans tes mangas pour ensuite prendre les photos de références, ou bien est-ce que ces nourritures viennent de photos et d’expériences passées ?

Quel est le processus de creation pour ces plats, qu’ils soient sur papier ou dans la vraie vie ?

– Rudy Falagan

Chère Rudy Falagan, Merci pour ces intéressantes questions.

Tout d’abord, je tiens à m’excuser pour le retard de cette réponse à ta question dans AskBoichi.

Je suis maintenant très occupé par deux magazines hebdomadaires.

L’éditeur de Kodansha en a entendu parlé et a dit « Je pari que Boichi va tomber raide sur sa table de travail. »…(…)…

J’ai enfin eu mon premier jours de pause en 60 jours. Personne ne désire que je meure avant de finir mes manga, n’est-ce pas ? ^^

Mais je continue de travailler dur sur mes manga et Boichi.com !

J’ai de grands rêves et une affection particulière pour Boichi.com.

Alors s’il vous plait, continuez d’aimer Boichi.com comme l’un de mes projets !


Si possible, j’essai de créer beaucoup de chapitres et de situations en relation avec la nourriture dans mes titres.

Ils contiennent beaucoup de scènes sur le thème de se nourrir, cuisiner et parler de nourriture. Mais le processus pour les insérer dans ces histoires reste du cas par cas.

Dans <Sun-Ken Rock> la nourriture est un outils pour Ken d’experiencer et de comprendre la Corée et sa culture.

La nourriture dans <I want to feed Yumin> quand a elle fut délibérément sélectionnée parmi les plats et restaurants coréens que je voulais présenter aux lecteurs japonais.

Pour ce qui est d'<Origin>, se nourrir représente une situation critique pour le personnage principal, Origin.

Mais la plupart apparaissent dans mes manga sans seconde pensée, genre « Hm, je mettrais bien ce plat et ce restaurant dans ce chapitre ».

Je décide en général à l’étape du concept.

Par exemple, la scène d'<Origin> tome 2 qui se déroule dans un restaurant de soba est basée sur un véritable endroit et les personnages mangent un repas dans « Nihonbashi ». Lors de l’écriture de l’histoire, j’ai tout naturellement choisi les images de l’endroit du restaurant de la scène.

Dans cette scène, Origin mange un plat qui nécessite l’usage des deux mains, mais n’en utilise qu’une seule. Laura Fermi montre une affection et connaissance de la culture Japonaise mais possède aussi une intimité avec la cuisine Italienne.

Le pauvre Origin se retrouve dans une mauvaise situation financière et doit penser à la prochaine étape.

Quand il m’a fallut choisir les plats et restaurants pour ces scène, je les dessine dans ma tête comme « oh, j’ai de bonnes références pour cette partie ! »

En général, il existe une raison pour que ces idées me viennent naturellement en tête. C’est parce que je suis toujours prêt pour la bouffe !!!

Depuis que j’ai commencé à vivre au Japon, j’ai pris pour habitude de toujours emporter un appareil photo avec moi.

appareil photo

appareil photo

Je transporte pleins de différents types d’appareils pour toujours être prêt à aborder des situations diverses.

appareil photo reflex

Certains endroits nécessitent de pouvoir prendre des photos rapidement et d’autres requièrent de le faire en silence.

appareil photo

appareil photo

Je prépare l’appareil pour plusieurs situations et je prend les photos de pleins de plats différents.

pâte bolognaise

La dernière fois, alors que je travaillais dans le restaurant familial où je dessine habituellement les croquis, j’ai pris des photos du plats de pates que j’y avais commandé.

sushi

J’ai aussi pris en photo le sushi d’Akihabara lors de ce fameux jours de pause.

Et puis j’organise ces photos.

En réalité, j’ai été si occupé que je n’ai pas eu le temps de tout organiser mais j’en ai traité le plus possible.

dossiersVoici une partie des dossiers dans lesquels je les catégorise dans mon ordinateur.

C’est tout une liste de nourritures et de restaurants japonais.

Pour l’instant, j’ai compté  62 000 photos dans 1 137 dossiers.

Les photos de restaurants japonais représentent 37 000 photos dans 611 dossiers.

Les plats forment 4 600 photos dans 158 dossiers supplémentaires.

Il m’en reste plus du double à trier dans mon ordinateur parce que je suis si occupé.

En bref, je tri les photos dans mon ordi et je fais de même dans ma tête.

Donc en général, quand je construis les ébauches d’histoires et de scènes, les images viennent naturellement.

J’utilise ces photos dans mes manga et je peux aussi écrire des colonnes et réponses à mes fans comme ici. ^^

Un jours j’aimerais dessiner un manga sur les cuisines Japonaise et Coréenne.

Dessiner mon propre manga de gourmet ou un manga Essai sur la cuisine est mon rêve.

C’est pour ce rêve que je prépare et récupère des photos.

J’ai pu goûter la plupart des plats dans mes titres tels que <Sun-Ken Rock>, <Wallman>, <I want to feed Yumin> et <Orign>.

Mais les nourritures de <Space Chef Caisar> et <Dr. Stone> n’existent pas dans le monde réel.

Car il s’agit là de plats de fictions, ce qui rend très compliqué de les représenter basé sur l’imagination.

Je pense que les plats fictif et réactions exagérés de ces histoires sont des aspects agréables de la lecture.

J’ai aussi porté la casquette de critique manhwa en Corée pendant un temps.

J’avais alors dit « Les nourritures dans le manhwa (manga et comics) sont comme des actrices dans du porno. Le manga de gourmet est un type de porno ».

C’était en 1998, bien avant que le meme « Food Porn » n’emerge.

Je t’ai dit « Ces images apparaissent à travers les expériences et photos dans ma tête » mais si tu veux montrer tes images à ton audience, et partager tes sentiments à travers elles, il te faut les déformer. Les photos telles quelles ne suffisent pas.

Car le manga transmet la vérité à travers l’exagération.

– Boichi.

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